TDAH au travail : quand bouger aide à se concentrer
Mots-clés : TDAH travail, bouger pour se concentrer, attention, mouvement, fonctions exécutives, neuroatypicité au travail, concentration, autorégulation, fidgeting

🤔Bouger pour se concentrer peut sembler paradoxal, mais chez certaines personnes avec TDAH, le mouvement aide parfois à maintenir l’attention au travail.
Introduction
« Arrête de bouger ! Tu m’écoutes ou quoi ? »
Beaucoup de personnes ont déjà entendu cette phrase. À l’école. En réunion. Au travail. Ou même à la maison. Comme si bouger empêchait forcément d’écouter. Comme si un corps immobile prouvait automatiquement qu’un cerveau est attentif. Comme si la concentration devait nécessairement se voir dans le silence, la posture droite et les mains posées sur la table.
Pourtant, chez certaines personnes, c’est parfois exactement l’inverse.
👉Bouger un pied.
👉Faire tourner une bague.
👉Manipuler un stylo.
👉Griffonner pendant une réunion.
👉Marcher pendant un appel.
👉Changer régulièrement de posture.
Tous ces gestes peuvent être perçus comme de l’agitation, de l’impatience ou un manque d’attention. Mais ils peuvent aussi, parfois, être une manière de rester présent.
Une manière de garder le fil. Une manière de maintenir l’attention. Une manière d’éviter que le cerveau décroche. Et c’est là que le sujet devient intéressant. Parce que le problème n’est pas qu’une une personne bouge.
👉Mais plutôt comprendre à quoi ce mouvement lui sert.
🔎Bouger pour se concentrer : faut-il vraiment rester immobile ?
Dans beaucoup d’environnements professionnels, une personne attentive est encore imaginée comme une personne calme.
Elle est assise.
Elle regarde son écran.
Elle ne bouge pas trop.
Elle ne manipule rien.
Elle ne griffonne pas.
Elle ne se balance pas.
Elle ne marche pas pendant qu’elle réfléchit.
Cette image du “bon comportement” est tellement installée que nous oublions de la questionner.
Pourtant, l’immobilité n’est pas toujours synonyme d’attention. Et le mouvement n’est pas toujours synonyme de distraction.
Une personne peut bouger et écouter. Bouger et comprendre. Bouger et mémoriser. Bouger et réfléchir.
À l’inverse, une personne parfaitement immobile peut être très loin mentalement.
Le corps donne des indices. Mais il ne dit pas tout.
Et lorsqu’on parle de concentration, juger uniquement ce que l’on voit peut conduire à des erreurs importantes.
🔎Bouger pour se concentrer au travail : ce que les autres interprètent
Lorsqu’une personne bouge beaucoup, les interprétations arrivent vite.
« Elle ne tient pas en place. »
« Il n’écoute pas. »
« Elle est agitée. »
« Il n’est pas concentré. »
« Elle manque de sérieux. »
Ces phrases peuvent sembler anodines. Mais elles construisent une image.
Au travail, une personne qui bouge peut rapidement être perçue comme moins professionnelle, moins posée, moins attentive ou moins fiable.
Son comportement visible finit par prendre plus de place que ce qu’elle comprend, produit ou apporte réellement.
C’est particulièrement vrai en réunion, en formation, lors d’un entretien, dans un open space ou dans toutes les situations où le corps est censé rester “sage”.
Le problème, c’est que l’on confond parfois deux choses très différentes :
👉un mouvement qui gêne réellement,
👉et un mouvement qui soutient la personne sans empêcher le travail.
Ce n’est pas la même chose.
🔎Bouger pour se concentrer : ce que la personne vit réellement
Pour certaines personnes, rester immobile demande un effort considérable.
Pas un petit effort de confort.
👉Un vrai effort de régulation.
Il faut contrôler le corps. Retenir l’envie de bouger. Gérer l’inconfort. Maintenir l’attention. Suivre ce qui se dit. Filtrer les distractions. Ne pas perdre le fil.
Et parfois, l’énergie utilisée pour “ne pas bouger” devient une énergie qui n’est plus disponible pour écouter, comprendre, mémoriser ou participer.
C’est là que le mouvement peut avoir une fonction.
Il ne vient pas toujours perturber l’attention. Il peut parfois l’aider à tenir.
Le geste devient un point d’appui. Un ancrage. Une stimulation suffisante pour rester présent. Une manière de réguler son niveau d’éveil. Une façon de garder le cerveau disponible.
Ce que l’extérieur appelle agitation peut donc parfois être, de l’intérieur, une stratégie de maintien de l’attention.
🔎TDAH au travail : quand l’attention a besoin d’être régulée
Ce sujet est particulièrement parlant lorsque l’on parle de TDAH.
Le TDAH est souvent présenté comme une difficulté à se concentrer. Mais cette formulation est trop simple.
Le sujet n’est pas seulement d’avoir ou de ne pas avoir de l’attention. Le sujet est souvent de pouvoir la réguler. L’orienter. La maintenir. La déplacer. La relancer.
La stabiliser quand la tâche est longue, répétitive, peu stimulante ou très exigeante.
Les recherches sur le TDAH mettent notamment en avant le rôle des fonctions exécutives : inhibition, mémoire de travail, attention soutenue, régulation des impulsions.
Dans ce contexte, le mouvement peut parfois devenir un outil d’autorégulation.
Certaines études suggèrent que, chez des personnes concernées par le TDAH, l’activité motrice ou les petits mouvements peuvent soutenir certaines performances attentionnelles ou cognitives dans des contextes précis.
Cela ne veut pas dire que bouger aide toujours.
Cela ne veut pas dire que tous les mouvements sont utiles.
Cela ne veut pas dire non plus qu’il faut romantiser l’hyperactivité.
Mais cela oblige à sortir d’une idée trop simple :
👉bouger = ne pas être concentré.
Parfois, c’est plus complexe. Parfois, bouger aide justement à rester dans la tâche.
🔎Mouvement et attention : des gestes qui peuvent aider
Concrètement, cela peut prendre des formes très simples.
👉Faire tourner un stylo.
👉Manipuler un petit objet.
👉Griffonner pendant une réunion.
👉Marcher pendant un appel téléphonique.
👉Se lever quelques minutes.
👉Changer de posture.
👉Utiliser un bureau assis-debout.
👉Tapoter discrètement du pied.
👉Presser une balle antistress.
Pour certaines personnes, ces gestes sont presque automatiques. Ils ne sont pas forcément pensés. Ils ne sont pas toujours conscients. Mais ils peuvent aider à maintenir un niveau de stimulation suffisant pour rester disponible.
Par exemple, griffonner pendant une réunion ne signifie pas forcément que la personne est absente. Marcher pendant un appel ne signifie pas forcément qu’elle fuit l’échange. Manipuler un objet ne signifie pas forcément qu’elle n’écoute pas.
Parfois, ces gestes permettent justement de ne pas décrocher. De rester là. De suivre. De garder le fil.
🔎TDAH au travail : ce que cela change en réunion de bouger pour se concentrer
Au travail, cette question est importante parce qu’elle touche directement aux normes de professionnalisme.
Dans beaucoup d’organisations, on attend encore des personnes qu’elles montrent leur attention d’une manière très codée.
Être assis. Regarder l’interlocuteur. Ne pas trop bouger. Ne pas manipuler d’objet. Ne pas griffonner. Ne pas marcher. Ces codes peuvent sembler neutres. Mais ils ne le sont pas toujours.
Ils favorisent certaines manières de fonctionner. Et ils peuvent rendre d’autres manières de fonctionner plus coûteuses.
Pour une personne qui a besoin de bouger pour rester attentive, une réunion longue, immobile, sans pause et sans possibilité de mouvement peut devenir beaucoup plus difficile qu’elle n’en a l’air.
Non pas parce qu’elle manque de volonté. Non pas parce qu’elle ne respecte pas le cadre. Mais parce que le cadre exige une immobilité qui consomme une partie de ses ressources.
Et cette consommation invisible peut avoir un coût.
👉Fatigue.
👉Décrochage.
👉Irritabilité.
👉Difficulté à suivre.
👉Perte du fil.
👉Surcharge.
👉Moindre participation.
On croit parfois aider une personne à se concentrer en lui demandant d’arrêter de bouger. Mais dans certains cas, on lui retire précisément ce qui l’aidait à rester attentive.
🔎Quand le mouvement soutient l’attention au lieu de la perturber
Bien sûr, tout mouvement n’est pas adapté à toutes les situations.
Un mouvement peut être bruyant. Envahissant. Distrayant pour les autres. Incompatible avec un contexte précis.
Le sujet n’est donc pas de dire que tout doit être accepté, tout le temps, sans limite.
Le cadre collectif reste important. Le confort des autres aussi.
Mais entre tout interdire et tout accepter, il existe un espace beaucoup plus intéressant :
👉comprendre la fonction du comportement.
Est-ce que ce mouvement gêne réellement ? Est-ce qu’il empêche la réunion d’avancer ? Est-ce qu’il dérange le collectif ?
Ou est-ce surtout qu’il ne correspond pas à l’image que l’on se fait d’une personne attentive ?
Cette différence est essentielle.
Parce qu’un comportement peut être inhabituel sans être problématique. Il peut être visible sans être gênant. Il peut être différent sans être inadapté.
🔎Mouvement, autorégulation et neuroatypicité au travail
Le TDAH rend ce sujet particulièrement visible, mais il ne le résume pas entièrement.
Certaines personnes autistes utilisent aussi des mouvements répétitifs comme formes d’autorégulation.
Certaines personnes anxieuses bougent pour gérer leur tension interne.
Certaines personnes réfléchissent mieux en marchant.
Certaines personnes mémorisent mieux en écrivant ou en griffonnant.
Certaines personnes ont simplement besoin d’un corps un peu actif pour maintenir leur attention.
Le mouvement peut donc avoir plusieurs fonctions.
👉Il peut exprimer du stress.
👉Il peut traduire de l’impatience.
👉Il peut signaler de l’inconfort.
👉Mais il peut aussi soutenir l’attention. Réguler l’éveil. Aider à penser. Aider à rester présent.
C’est pourquoi il est toujours utile de se demander ce que le comportement permet à la personne de faire.
Et pas seulement ce qu’il donne à voir.
🔎Bouger pour se concentrer : ce qu’il faut retenir
Bouger ne veut pas toujours dire être déconcentré. Parfois, bouger permet justement de rester concentré.
Ce que l’on interprète comme de l’agitation peut parfois être une stratégie d’autorégulation. Ce que l’on prend pour un manque d’écoute peut parfois être une manière de rester disponible. Ce que l’on juge comme un manque de sérieux peut parfois être un outil discret pour garder le fil.
Cela ne signifie pas que tous les mouvements sont adaptés. Cela signifie simplement que l’immobilité ne devrait pas être la seule preuve acceptable de l’attention.
Au travail, cette nuance est précieuse. Parce qu’elle permet de mieux lire certaines situations. De réduire certains malentendus. Et d’éviter de corriger des comportements qui, parfois, aident réellement la personne à fonctionner.
La vraie question n’est donc peut-être pas :
« Pourquoi cette personne bouge-t-elle autant ? »
Mais plutôt :
« De quoi a-t-elle besoin pour rester attentive, disponible et efficace ? »
✨ Certains esprits ne rentrent pas dans les cases. Ils dessinent d’autres horizons. À nous d’oser les accueillir autrement ✨
Vous êtes concerné par ces situations ?
Chez FIKILI, nous accompagnons les entreprises, les équipes et les managers à mieux comprendre la neuroatypicité au travail autisme, TDAH, DYS, HPI et à construire des pratiques plus claires, plus humaines et plus efficaces.
👉 En savoir plus ou être accompagné
Sources scientifiques :
• Andrade, J. (2010). What does doodling do? Applied Cognitive Psychology.
Pour aller plus loin :
👉 Pour comprendre plus largement les différents profils neuroatypiques et leurs impacts dans les organisations, consultez notre guide complet : Neuroatypicité au travail : comprendre les profils et adapter les organisations :
→ Neuroatypicité au travail : comprendre les profils et adapter les organisations
👉Ces malentendus rejoignent aussi les enjeux de communication dans le TDAH, notamment lorsque certaines personnes coupent la parole sans intention d’impolitesse.
👉Lorsque l’environnement impose trop de contraintes, le mouvement peut aussi devenir une manière de limiter la surcharge cognitive au travail.
→Surcharge cognitive au travail
FAQ – Bouger pour se concentrer
Pourquoi certaines personnes bougent-elles pour se concentrer ?
Certaines personnes bougent pour maintenir leur niveau d’attention, réguler leur énergie ou éviter de décrocher. Le mouvement peut parfois servir de point d’appui pour rester présent dans une tâche ou une discussion.
Bouger en réunion signifie-t-il que la personne n’écoute pas ?
Non. Une personne peut bouger et écouter en même temps. Chez certaines personnes avec TDAH, griffonner, manipuler un objet ou changer de posture peut aider à suivre l’échange.
Quel est le lien entre TDAH et mouvement ?
Le TDAH concerne notamment la régulation de l’attention, de l’impulsivité et du niveau d’éveil. Le mouvement peut parfois aider à maintenir l’attention, surtout dans les situations longues, répétitives ou peu stimulantes.
Le fidgeting (petits mouvements d’autorégulation) peut-il aider à se concentrer ?
Oui, dans certains cas. Le fidgeting, comme manipuler un objet, faire tourner un stylo ou bouger discrètement, peut aider certaines personnes à réguler leur attention. Cela dépend toutefois du contexte et de l’impact sur les autres.
Comment gérer le besoin de mouvement au travail ?
Il est possible de prévoir des pauses, d’autoriser certains objets discrets, de permettre de marcher pendant certains appels, d’utiliser un bureau assis-debout ou de structurer les réunions pour éviter les temps trop longs sans mouvement.
Le mouvement est-il toujours adapté en milieu professionnel ?
Non. Certains mouvements peuvent gêner le collectif s’ils sont bruyants, envahissants ou incompatibles avec la situation. L’enjeu est de distinguer un mouvement réellement perturbant d’un mouvement discret qui aide la personne à rester attentive.
Sources complémentaires :
DSM-5-TR – Trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité
INRS – Organisation du travail et risques psychosociaux
Nos articles peuvent être co-rédigés avec l’aide de l’intelligence artificielle, au service de la clarté, de l’accessibilité et de la qualité des contenus. Ils sont conçus, relus et garantis par une autrice humaine 😉