Spectre de l’autisme au travail, ce que la science dit vraiment
(et ce que l’on interprète encore trop mal)
On ne parle pas beaucoup d’autisme au travail.
Mais lorsqu’on en parle, trop souvent, on le fait sans s’appuyer sur ce que la science établit réellement.
Résultat :
✔ Des interprétations hâtives
✔ Des jugements sur les personnes
✔ Et des environnements de travail qui deviennent des facteurs de risque
Clarifions un point fondamental
L’autisme n’est pas une maladie, ni un problème de comportement.
C’est un fonctionnement neurodéveloppemental atypique, caractérisé par une variabilité importante des profils.
Il n’existe pas un autisme, mais des fonctionnements autistiques.
👉 Toute approche uniforme est donc, par définition, inadaptée.
Ce que la science met réellement en évidence
Les recherches convergent sur plusieurs points clés :
Une perception et un traitement de l’information différents
Certaines personnes sur le spectre de l’autisme traitent plus finement les détails, perçoivent davantage de stimuli et filtrent moins l’environnement.
➤ Dans un contexte mal régulé, cela peut conduire à une surcharge cognitive rapide
Un coût énergétique plus élevé de certaines fonctions exécutives
Planifier, s’adapter à l’imprévu, gérer des consignes floues ou contradictoires demande davantage d’énergie mentale selon les contextes.
➤ Ce n’est pas un manque de capacité, c’est un rapport différent à l’effort cognitif
Une communication souvent plus directe et plus littérale
Contrairement aux idées reçues, il ne s’agit pas d’un déficit d’empathie.
➤ Il s’agit d’un décodage différent des implicites sociaux, très dépendant du cadre
Ce que l’on interprète encore trop mal en entreprise
Dans les organisations, ces réalités sont fréquemment traduites en jugements :
• « Manque de savoir-être »
• « Rigidité »
• « Difficulté à travailler en équipe »
• « Résistance au changement »
👉 Ces termes ne décrivent pas des faits scientifiques.
Ils décrivent des normes sociales dominantes implicites, rarement explicitées, encore moins interrogées
Le vrai sujet n’est pas le spectre de l’autisme
Le vrai sujet, c’est l’environnement de travail.
Open space bruyant
Consignes changeantes
Attentes implicites
Réunions sans structure
Urgences permanentes
👉 Beaucoup de difficultés attribuées au spectre de l’autisme sont en réalité des difficultés d’environnement, qui deviennent visibles chez certaines personnes avant de l’être chez d’autres.
Inclusion, prévention, performance : un même enjeu
Adapter un environnement de travail :
❌ Ce n’est pas « favoriser »
❌ Ce n’est pas « faire un effort en plus »
❌ Ce n’est pas « baisser les exigences »
👉 C’est réduire les risques psychosociaux, sécuriser les parcours professionnels et permettre l’expression réelle des compétences.
Les organisations inclusives ne sont pas plus fragiles.
👉 Elles sont plus lucides sur le fonctionnement humain.
En résumé
👉 Ce n’est pas le spectre de l’autisme qui pose problème au travail.
👉 Ce sont des environnements conçus sans tenir compte de la diversité des fonctionnements cognitifs.
Comprendre le fonctionnement, c’est arrêter d’interpréter.
✨ Et c’est là que commence l’inclusion ✨